La relecture du Journal d’Anne Frank
Voilà une semaine que je repousse l’écriture de cet article. Depuis une semaine, je me demande comment je vais vous en parler, comment je vais arriver à trouver les mots, comment est-ce que je peux ne serait-ce qu’arriver à décrire un dixième de ce que j’ai ressenti en lisant les impressions qu’Anne Frank exprimait dans son Journal.
Elle le faisait avec une telle exactitude, une telle spontanéité, une telle vérité… Et puis je me suis dit qu’il fallait que je me lance sinon je n’en parlerai jamais… Alors voilà, j’ai terminé la lecture du Journal d’Anne Frank.
J’ai décidé de vous livrer spontanément mes impressions, sans me relire. J’essaye de faire comme elle et de laisser mes impressions s’écrire toutes seules mais j’y parviens beaucoup moins bien, c’est confus :
Dès la lecture de la première ligne de son Journal, je me suis sentie prise à la gorge, ma gorge qui s’est nouée, je n’arrivais plus à quitter les yeux de ce livre. Je le lisais partout, dès que j’avais une minute de libre, même si ce n’était que pour avancer de quelques lignes. Je l’ai imaginée, Anne Frank, dans cette Annexe. Je les ai tous imaginés, tous les huit, dans cette Annexe. J’ai visité cette Annexe il n’y a pas si longtemps et je visualise très bien où ils étaient enfermés, où ils se sont cachés, pendant plus de deux ans. Deux longues années. Enfermés à huit dans quelques pièces.
Bien qu’Anne Frank arrive à transcrire parfaitement ses sentiments, je n’arrive quand même pas à imaginer à quel point la peur devait les prendre au ventre, à quel point cela devait être difficile. Pourtant j’ai essayé. Comment peut-on vivre une telle chose ? Comment ont-ils réussi à rester aussi “normaux” en de pareilles circonstances ? Comment ne devient-on pas fou ?
Le fait de savoir que tout était réel, que tout est arrivé, rajoute une puissance indescriptible à l’ouvrage. J’ai ressenti des tas de choses en lisant son journal. Un peu de gêne car elle disait qu’elle pensait que personne ne le lirait. Bien qu’elle répète à plusieurs moments qu’elle veut devenir grand écrivain et qu’elle veut publier un livre sur l’Annexe, je ne sais pas si la publication de ses sentiments était ce qu’elle avait en tête. J’ai ressenti de la pudeur car on partage ses secrets les plus intimes. Je me suis surprise à sourire à plusieurs reprises, tant son humour était présent.
Quelle leçon de vie ! Anne qui n’avait jamais l’air de se plaindre et qui s’excusait presque de le faire lorsqu’elle osait enfin exprimer ses ressentis à ses parents.
Comment peut-on écrire avec une pareille justesse à un âge où l’on se cherche encore ? Je ne sais même pas si j’y arriverai un jour. Les duretés de la vie rendent plus adulte, plus vite. Anne en avait conscience. Elle se sentait à part, elle avait raison.
Je me souviens avoir lu son Journal lorsque je devais avoir 12 ou 13 ans, à l’âge où elle-même était enfermée et n’avait que pour seule échappatoire l’écriture. Peut-être étais-je trop jeune mais je ne me souvenais pas avoir été autant touchée par ce livre. Pourtant j’aurais dû l’être, j’aurais dû avoir plus de facilité à m’identifier à elle à cette âge-là justement.
Je suis vraiment heureuse de l’avoir ré-ouvert.
Je me sens un peu honteuse d’en parler de façon si banale comparé aux évènements indescriptibles de l’époque, comparé à la grandeur de cette jeune fille qui a terminé l’écriture de ce qu’elle ne pensait pas être ses mémoires, alors qu’elle n’avait même pas 16 ans… mais comme tout ce que je souhaite partager ici, je me devais de parler de quelque chose qui m’a marqué à ce point.
